Points saillants de la conférence annuelle de la Société canadienne de nutrition sur le syndrome métabolique

Rupinder Dhaliwal (à droite), directrice des opérations à SMetC, discute avec une déléguée à la conférence de la Société canadienne de nutrition tenue en

janvier 2016.

(Photo offerte par SCN-CNS)

Par Rupinder Dhaliwal, directrice des opérations

Le syndrome métabolique est un sujet brûlant parmi les chercheurs en nutrition et les diététistes. Avec une prévalence alarmante de 21 % et 33 % parmi les adultes canadiens et américains, respectivement, il n'est pas surprenant que le SMet soit devenu une préoccupation majeure de la santé publique

Ainsi, la récente conférence de la SCN a offert l'opportunité de se familiariser avec la recherche actuelle sur le syndrome métabolique et de voir comment peut se faire l'arrimage des différentes approches en nutrition.

La réunion d'une journée a aussi été l'occasion de faire connaître Syndrome Métabolique Canada (SMetC) et le programme CHANGE aux intervenants en soins primaires, aux diététistes, aux chercheurs universitaires, aux représentants de l'industrie et aux étudiants.

Dr. Kursheed Jeejeebhoy

Le Dr Khursheed Jeejeebhoy, gastro-entérologue et professeur émérite de médecine à l'Université de Toronto de même que visionnaire du programme CHANGE, a présenté les résultats préliminaires des effets positifs d'une intervention alimentation-exercice sur le traitement et la réduction du syndrome métabolique chez des patients en soins primaires.

> Pour en savoir plus sur le programme CHANGE, ou contactez-nous afin d'obtenir plus d'information.

Toutes les autres sessions étaient également d'une grande pertinence à propos du syndrome métabolique. En voici quelques points saillants :

Alimentation, inflammation et syndrome métabolique

Dre Penny Kris-Etherton, professeure en nutrition à l'Université de Pennsylvanie, a présenté l'impact de l'alimentation et de l'inflammation sur le syndrome métabolique. Elle a parlé de la façon dont la graisse abdominale présente dans le syndrome métabolique amène un état pro-inflammatoire et conséquemment une augmentation du risque cardiovasculaire. En fait, elle s'est appuyée sur les résultats de la Chaire internationale sur le risque métabolique qui ont démontré qu'une augmentation de la graisse intra-abdominale est un prédicteur indépendant de toutes les causes de mortalité chez les hommes.

La Dre Kris-Etherton a par ailleurs affirmé que les interventions visant une perte de poids à long terme sont efficaces pour la réduction de la graisse viscérale et sous-cutanée. De plus, elle a souligné quelques approches diététiques utilisées pour réduire l'inflammation et traiter ou prévenir le syndrome métabolique (toutes ces approches sont utilisées dans le programme CHANGE) :

  • Une meilleure qualité alimentaire, un meilleur indice d'une saine alimentation, un meilleur score du régime méditerranéen
  • Une augmentation de la consommation de fruits et de légumes
  • Un régime alimentaire méditerranéen (c'est-à-dire huile d'olive, noix)
  • Un guide alimentaire actuel

Calcium, contrôle de l'appétit et gestion de l'obésité

Dr Angelo Tremblay, professeur au Département de kinésiologie de l'Université Laval  (et expert pour SMetC), a présenté l'impact de l'apport en calcium sur le contrôle du poids corporel. En voici quelques éléments clés :

  • Les hypertendus tendent à avoir un apport moins élevé en calcium que les normotendus; l'apport élevé en calcium est associé à un plus faible indice de masse corporelle.
  • Un faible apport en calcium et vitamine D pourrait expliquer le fait qu'il y ait des mauvais répondeurs à une perte de poids.
  • L'apport en calcium et produits laitiers peut aussi jouer un rôle dans la régulation du métabolisme énergétique et des lipides ainsi que dans le contrôle du poids corporel chez les petits consommateurs de calcium
  • Particulièrement le yogourt et les produits laitiers fermentés peuvent être bénéfiques dans cette régulation grâce aux effets positifs des bactéries sur le microbiote.

Le syndrome métabolique chez les personnes âgées : santé osseuse compromise et interventions alimentaires potentielles

Dre Wendy Ward, professeur en kinésiologie à l'Université Brock, a mis l'accent sur les patients âgés atteints du syndrome métabolique et la densité osseuse. En voici quelques éléments clés :

  • En présence du syndrome métabolique, la densité minérale osseuse est normale ou plus élevée en comparaison avec l'ostéoporose.
  • Il existe des lacunes dans les connaissances en ce qui a trait à la structure osseuse, au risque des fractures et au risque d'être atteint du syndrome métabolique.
  • La santé osseuse peut être améliorée par la perte de poids uniquement ou accompagnée de l'activité physique
  • La perte de poids amenée par la restriction alimentaire peut provoquer une perte osseuse chez les patients obèses, mais une santé améliorée l'emporte sur le risque de la perte osseuse.
  • La santé osseuse est aussi affectée par l'âge, l'apport en calcium et vitamine D, la localisation des fractures, le sexe et l'état de ménopause.

Probiotiques, microbiome et syndrome métabolique

Dre Elena Comelli, professeur adjoint au Département des sciences nutritionnelles à l'Université de Toronto, a jeté un regard préliminaire sur le rôle du microbiote sur le syndrome métabolique. En voici quelques éléments clés :

  • Le syndrome métabolique est associé à un microbiote altéré dans le système intestinal.
  • Certains constituants alimentaires, comme les probiotiques, peuvent jouer un rôle en ayant un impact favorable sur le microbiote et le métabolisme.
  • Plus de recherche est nécessaire avant de faire des recommandations pour la pratique clinique.

Gras saturés et risque cardiométabolique

Dr Benoit Lamarche, professeur chercheur en nutrition à l'Université Laval, a présenté des données récentes mettant l'évidence sur le fait que ce ne sont pas tous les gras saturés qui augmentent le cholestérol LDL. En fait, les gras saturés provenant des produits laitiers peuvent avoir aucun effet sur la maladie cardiovasculaire, l'hypertension et le diabète de type 2. La source du gras saturé est très importante : les gras provenant des viandes, des fritures, des aliments transformés ne sont pas les mêmes que ceux provenant des produits laitiers. (La Fondation des maladies du coeur a récemment publié un communiqué sur sur les gras saturés et l'alimentation santé.)

Communication de messages complexes à propos du syndrome métabolique et des graisses saturées

Finalement, Jennifer Sygo, diététiste accréditée et spécialiste en nutrition sportive affiliée à la Cleveland Clinic au Canada, a discuté sur une façon de faire pour diminuer la confusion chez plusieurs patients et professionnels de santé à propos des graisses saturées et du traitement du syndrome métabolique au moyen de la nutrition. En plus de fournir des conseils pratiques sur la façon de communiquer des messages diététiques controversés aux clients, elle insiste sur les points importants :

  • De l'information conflictuelle existe à propos des graisses saturées et de la maladie cardiométabolique.
  • Les diététistes doivent être à l'affût des dernières données probantes afin de gagner la confiance de leurs clients.
  • La littérature actuelle suggère que remplacer les graisses saturées et les sucres raffinés par les graisses polyinsaturées est suggéré pour réduire le risque cardiovasculaire.

Ce fut un plaisir de rencontrer autant d'experts en nutrition intéressés au traitement efficace du syndrome métabolique.

Pour plus d'information à propos de Syndrome Métabolique Canada et son programme CHANGE, veuillez nous contacter ici.